Paris Europlace lance l'initiative Finance for tomorrow

FINANCE FOR TOMORROW

Brexit, Trump... L'Europe continentale devient le "safe haven" de la finance mondiale. Les acteurs et organisations de place français s'unissent pour flécher la finance vers l'investissement durable et se différencier dans un contexte très concurrentiel ... (en accès libre)

Finance for tomorrow : un slogan qui réunit les principaux acteurs et organisations de place francaises sous l'égide de Paris Europlace et avec le soutien de Ségolène Royal. Brexit, Trump... L'Europe continentale devient le "safe haven" de la finance mondiale et doit profiter de ce créneau historique pour hisser la finance verte et durable sur le podium des places financières. Simultanément, le contexte fortement concurrentiel entre places boursières, Paris entend bien se différencier en faisant valoir sous cette nouvelle marque "la puissance de l'écosystème français lié à l'investissement responsable et à la finance verte", indique Philippe Zaouati, président de l'initiative, CEO de Mirova et également membre du High Level Expert Group européen sur le reporting. Paris Europlace avait en février dernier co-organisé avec l'UNEP-Finance au Palais Brongniart le lancement des (quatre) Principles for Positive Impact Finance, basés sur les Objectifs de Développement Durable (SDGs) de l'ONU.      

Très bien perçue à l'étranger pour sa crédibilité (COP21), ses initatives en matière légale (Grenelle II, LTECV), et ses labels (ISR-public, TEEC), l'écosystème français a en effet de beaux atouts à faire valoir. D'abord côté capital-investissement : des acteurs du private-equity, réunis sous la bannière de l'AFIC, très actifs en infrastructures et en impact-investing (lire nos articles ci-dessous) : les investissements "infra" représentent maintenant près du quart des encours sous gestion, et compte des véhicules labellisés comme les fonds Demeter IV, InfraGreen II, CapEnergie ou Eiffel Energy Transisition (voir dans notre référentiel data), et l'impact investing accélère avec des encours multipliés par cinq en cinq ans. 

Côté ISR ensuite : la France compte des asset managers de poids, déjà engagés dans l'investissement socialement responsable et dans des démarches de reporting ESG, voire pour certains précurseurs historiques comme le Crédit Agricole dans l'univers des green-bonds. Les obligations vertes sont en effet un segment du fixed-income en forte croissance sur lequel le Luxembourg Green Exchange (LGX) a annoncé ses ambitions, mais qui ne souffre pas d'approximations en matière d'ISR comme le montrent les récentes péripéties de Repsol et qui devra appréhender des critères étrangers parfois différents comme la different shade of green vue par la Chine, dont le potentiel d'émission est énorme. Des green-bonds qui sont aussi un instrument de développement à l'international, comme l'initiative d'IFC et d'Amundi qui ont lancé un fonds de green-bonds destiné aux marchés émergents (lire ci-dessous). Enfin, les émissions souveraines devraient continuer, à l'instar de celle de la Pologne puis le grand succès de celle de la France début 2017. 

L'Asset management qui gère près de 400 fonds ISR (voir dans notre référentiel), sur lesquels la labellisation progresse : créés sous le précédent gouvernement, le label TEEC - dont Mme Royal était à l'origine sous son ministère - et le label ISR-Public - alors soutenu par Bercy - labellisent aujourd'hui une grosse centaine de fonds et de produits d'épargne, sans compter l'action des labels associatifs comme Finansol ou CIES pour l'épargne salariale. Avec sur le marché des acteurs de poids publics ou privés comme l'ERAFP ou Amundi et d'autres plus petits mais non moins engagés comme Mandarine Gestion. 

L'initiative réunit aujourd'hui une quarantaine d'acteurs financiers investisseurs et asset-managers et des organisations comme l'AFG, la FBF, la FFA. Une initiative à suivre, qui essaimera peut-être aussi sur le segment "social et sustainable" qui suscite l'intérêt des investisseurs comme le montre la récente émission de la Banque de développement du conseil de l'Europe, et la récente annonce du LGX. 

   

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