Le WWF publie un onzième rapport alarmant sur le déclin de la biodiversité

WWF

Dégradation des habitats naturels, surexploitation des espèces, pollution et pénuries d'eau : la biodiversité a chuté de 58% par rappport à l'année 1970 de référence selon le rapport "Planète Vivante" de l'ONG.

Depuis l'année de référence 1970, plus de la moitié (58%) des espèces vivantes ont disparu de notre planète, et la tendance se poursuit. C'est le constat du onzième baromètre "Planète Vivante" que publie tous les deux ans le WWF (World Wildlife Fund), en partenariat avec sa consoeur ONG Global Footprint.

Les causes citées de l'effondrement de la biodiversité ne sont pas une surprise : dégradation des habitats naturels, surexploitation des espèces, pollution et pénuries d'eau, espèces invasives. Tout en soulignant la réalité de ce facteur, le rapport met en évidence la difficulté d'établir clairement une corrélation mathématique entre biodiversité et réchauffement climatique.

L'agriculture et les modes d'alimentation jouent un rôle majeur : "l’agriculture occupe environ un tiers de la surface terrestre totale, est la cause de 80 % de la déforestation mondiale et pèse pour près de 70 % de la consommation d’eau, indique Arnaud Gauffier, responsable du programme agriculture du WWF France. Pour les grands vertébrés, l'impact du braconnage est également pointé du doigt. Au delà, c'est le ratio entre l'empreinte écologique ou "Global Footprint" et la biocapacité terrestre qui est pointé du doigt : au total, l'humanité consomme 1,6 fois plus que la planète ne peut produire ou absorber en termes de biens et services consommés par l'activité humaine (nourriture, combustibles, construction, etc.) et absorber les déchets que nous générons (en particulier les émissions de gaz à effet de serre). La date à laquelle ce ratio atteint 1 avance chaque année : 8 août cette année 2016, contre le 1er novembre en 1986. Compte tenu des évolutions démographiques, l'extrapolation nous emmène vers la date du 1er juillet en 2050 (soit l'équivalent de 2 "planètes-équivalentes" consommées chaque année par les 10 milliards d'humains qui peupleront la Terre).

La situation par pays est plus contrastée. Les pays qui émettent le plus de CO2 : la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie et le Japon représentent à eux cinq la moitié de l'empreinte écologique globale. Ce sont les pays au revenu moyen par habitant les plus élevés qui ont le plus d'impact par tête : Luxembourg en tête, suivis de l'Australie, Etats Unis et Canada, puis Singapour. A l'autre extrémité de l'échelle (25 fois moins), on trouve l Pakistan, Bangladesh, Haïti, Timor Oriental et Erythrée. La France est classée 28ème. A noter l'absence de données concernant les pays du Golfe Persique, qui figuraient pourtant en tête du précédent classement en 2014.

Sur le plan méthodologique, le baromètre scrute l'évolution d'environ 14.000 populations (groupes d'animaux sur un territoire donné) comprenant 3700 espèces d'animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons). L'étude, qui se veut un indicateur de diversité plutôt qu'un recensement exhaustif des formes de vie, exclut insectes, algues et autres invertébrés, qui représentent par ailleurs une énorme biomasse et jouent un rôle clé dans les écosystèmes.

« Il ne s’agit pas de vivre comme il y a cinquante ans, mais d’inventer un nouveau modèle », assure Pascal Canfin, l'actuel Directeur général du WWF, qui doit succéder l'année prochaine à Isabelle Autissier à la présidence de l'ONG. Parmi les pistes évoquées par le rapport, préserver les écosystèmes, modifier les habitudes alimentaires et particulièrement réduire les rations de proétines animales, mais aussi instaurer une gouvernance mondiale des ressources naturelles et à réorienter les flux financiers vers des projets de préservation.

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