Un sommet du G7 à six contre un

COP21

Réunis ce week-end en Sicile, les pays les plus riches du monde, qui affirment vouloir mettre rapidement en oeuvre les accords de Paris, se sont heurtés aux positions du président américain Donald Trump. En France, le ministère de l'Environnement doit trouver sa place au sein du nouveau gouvernement ... (en accès libre).

Italie, Canada, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon ont réaffirmé ce week-end lors du sommet du G7 leur volonté de mettre rapidement en oeuvre les accords de Paris, dans un communiqué en demi-teinte face aux positions du préseident américian Donald Trump qui affirme "ne pas être en mesure de rejoindre le consensus sur le sujet" et qui annonce sur twitter rendre sa décision "la semaine prochaine". Un G7 à six contre un, qui montre la mobilisation des Européens qui ont maintenant une chance historique à saisir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Des déclarations américaines qui mêlent - à dessein ? - positions climato-sceptiques et revendications protectionnistes sur le commerce international. Un sommet en demi-teinte aussi, puisque ni la Russie - suspendue du G7 depuis l'annexion de la Crimée - ni la Chine, le Brésil et l'Inde qui sont, eux, dans le top 10 des puissances économiques mondiales - et des enjeux d'émissions de GES et de décarbonation de leurs économies - ne sont représentés et n'ont eu voix au chapitre. On attend avec impatience les agendas du sommet du G20 les 7 et 8 juillet 2017 à Hambourg et de la COP23 de Bonn en novembre prochain, avec, espérons-le, des positions clarifiées de l'administration américaine et des prises de position de la Chine et de la Russie. Le privé n'est pas en reste : rappelons que 360 entreprises américaines (et quelques européennes comme Schneider Electric, Danone, l'Oréal, Unilever ou Ikea) n'avaient pas tardé à réagir dès novembre 2016 aux propos de Donald Trump en lui adressant pendant la COP 22 une lettre commune l'engageant à respecter les accords de Paris. Nul doute que le sujet ne revienne sur la table lors du prochain sommet de Davos. 

En France, si le cabinet du ministre Nicolas Hulot est maintenant constitué - d'une équipe qui saura certainement l'épauler dans les arcanes du gouvernement et des négociations européennes -, quelques frontières restent à définir. Si le Ministère de l'Ecologie et des solidarités garde la main sur la programmation de l'énergie (PPE), c'est Bercy qui conserve les leviers financiers sur les participations de l'Etat (EDF et - minoritairement - Engie) - un dilemne qu'avait connu Ségolène Royal avec les dossiers du "grand carénage" nucléaire. La décarbonation des transports - première source d'émissions de GES en France - sera à négocier avec Elisabeth Borne, et le logement (2ème source de GES) et la ville avec Richard Ferrand. En revanche l'Economie Sociale et Solidaire reste au ministère de M. Hulot (lire le décret ci-dessous).

Entre temps, le président Emmanuel Macron, qui aura sans doute à arbitrer au sein de son gouvernement, et aussi a montrer les positions de la France dans les négociations internationales, a nommé conseillère à la présidence Diane Simiu, une ancienne du WWF passée par le ministère de l'environnement et spécialiste du prix du carbone, dont le nouveau président a promis de porter progressivement le prix à 100€ la tonne. Mme Simiu sera également conseillère du Premier ministre sur ces mêmes sujets, une formule de double rattachement inhabituelle, mais certainement de nature à assurer un meilleur alignement que par le passé du fonctionnement du gouvernement avec les positions et arbitrages présidentiels. 

 

Télécharger: Décret n° 2017-1071 du 24 mai 2017 relatif aux attributions du ministre d'Etat, ministre de la transition écologique et solidaire (PDF)

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