Un authentique développement durable pour l'Europe ?

SIDEM Pierre

La nomination de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire laisse augurer d'une politique authentique, à l'image de sa personnalité. Du mouvement aussi aux Transports avec l'arrivée d'Elisabeth Borne, et une semaine sous le signe de l'ESG et des infrastructures pour le capital investissement ... (en accès libre).

La nomination de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire laisse augurer d'une politique authentique, à l'image de sa personnalité. M. Hulot a fait son choix au moment où les défis de son ministère - qui sera aussi en charge de l'énergie - coïncident avec une chance historique pour l'Europe de jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale, face au gouvernement de Donald Trump, à la Russie et aux défis de la croissance en Asie. Emmanuel Macron a pris l’engagement de passer progressivement le prix de la tonne de CO2 à 100 euros, qu'il faudra négocier au niveau européen en réformant enfin le marché des EU-ETS. Deux rendez-vous clé pour affirmer une place de leader de la France face à ces défis, et rallier l'Europe : le G7 fin mai en Sicile, puis au prochain G20 avec le président de la république. Souhaitons plein succès au nouveau ministre, qui vient d'annoncer sa démission de la fondation Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme qu’il a créée et dirigée depuis 1990.

A l'hôtel de Roquelaure, le ministre Nicolas Hulot s'appuiera sur deux femmes déjà familières de la technicité des grands dossiers du quinquennat en matière durable - et qui connaissent bien les rouages du gouvernement et de la haute administration : Michèle Pappalardo et Elisabeth Borne.

Tout récemment nommée présidente de la 7ème chambre de la Cour des Comptes avant de rejoindre le ministre Nicolas Hulot comme directrice de Cabinet, Michèle Pappalardo a notamment tenu pendant cinq ans la présidence de l'ADEME - l'une des plus grosses agences de l'Etat avec un budget de 665 M€ - avant de diriger le CGDD de 2008 à 2011 tout en assurant l'interministériel sur les sujets de développement durable. Connaissant bien des dossiers comme le développement des EnR, les certificats d'économie d'énergie, les soutiens aux filières, elle aura aussi sur son bureau le dossier très politique du "grand carénage" du nucléaire, dont il n'est pas certain qu'il faille sortir si vite à tout prix.

Élisabeth Borne est nommée auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique chargée des Transports dans le nouveau gouvernement d’Edouard Philippe. Ex-directrice de cabinet de la précédente ministre Ségolène Royal, passée notamment par les ministères de l'Equipement et des Transports puis par le privé chez Eiffage, SNCF et la RATP, Mme Borne devra s'emparer des sujets d'infrastructure, de la réforme des grands EPIC et des révolutions de la mobilité : les transports sont en effet la première source d'émissions carbonées (27% des GES) devant le bâtiment.

Le fléchage de la finance vers les investissements verts sera pour le gouvernement Macron un dossier très attendu, qui matérialisera son engagement durable. C'est justement une semaine sous le signe des fonds d'infrastructure et de l'ESG qui s'est tenue pour le capital investissement lors la conférence annuelle de l'AFIC, dont le président Olivier Millet affirme son soutien au projet présidentiel. Responsabilité sociétale et environnementale et bonne gouvernance des investisseurs avec Candice Brenet d'Ardian récemment nommée à la tête de la commission ESG de l'AFIC, et parution du bilan 2016 de l'activité des fonds d'"infra" : 33 Md€ sous gestion, 3,2 Md€ investis et 8,3 Md€ levés en 2016 (+28%), assureurs et fonds de pension européens étant très présents parmi les LPs. A quand la nécessaire réforme prudentielle de l'allocation des fonds propres ?

 

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