Plan biodiversité : le gouvernement cible quatre secteurs prioritaires

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Les secteurs du Bâtiment, de l’agro-alimentaire, de l’énergie et de la chimie devront « significativement » réduire leur empreinte-biodiversité d’ici 2022. C’est ce projette le plan interministériel annoncé le 4 juillet 2018. Mais les moyens concrets pour atteindre cet objectif ne sont pas précisés par le ministère de l’écologie (en accès libre).

Quatre secteurs à fort impact (bâtiment et matériaux, agro-alimentaire, énergie, chimie) seront accompagnés par l’État en vue d’une baisse significative, d’ici 2022, de "leur empreinte biodiversité sur toute la chaîne de production et d’approvisionnement".

C’est l’une des annonces contenues dans  le plan présenté le 4 juillet, à l’issue du premier comité interministériel consacré à la biodiversité. Le gouvernement appuiera "les travaux visant à définir un indicateur d'impact sur la biodiversité comparable à la tonne de CO2 pour l'impact climatique".

Il admet que cette mesure est délicate, moins du fait de la taille de l’entreprise que de "la complexité de sa chaîne de valeur". La stratégie nationale contre la déforestation importée, attendue ce mois-ci, devrait en particulier mettre à disposition des entreprises des outils pour s’approvisionner en matières premières exploitées de façon durable.

La vaine promesse de la fin de l’artificialisation des sols

D’ores et déjà, les acteurs de la construction savent qu’ils devront réaliser les futurs parkings extérieurs sur des sols perméables, pour favoriser l’infiltration des eaux de pluie et prévenir les inondations. Dans le cadre de la lutte contre la pollution lumineuse, une nouvelle réglementation s’appliquera, fin 2018, à l’éclairage des espaces de stationnement.

Plus globalement, le plan vise "zéro artificialisation nette" à "un horizon temporel" à définir "en concertation avec les parties prenantes". Cet objectif figure déjà dans les deux lois "Grenelle" de 2009 et 2010. À la conférence environnementale de 2013, la Fondation pour la nature et l’homme que présidait Nicolas Hulot plaidait pour l’échéance de 2020.

600 millions sur quatre ans

Les agences de l’eau affecteront 150 M€ d’ici 2021 à la rémunération de services rendus par l’agriculture (préservation de prairies, restauration de haies, extension du couvert végétal, protection des sols). Et 200 M€, issus de la hausse de la redevance sur les pollutions diffuses (nitrates, pesticides), à l’agriculture biologique, dont les terres devraient doubler en quatre ans à 15 % de la surface agricole utile.

Le label "Haute valeur environnementale" devrait concerner 50 000 exploitations en 2030 (moins de 1 000 aujourd’hui). Globalement, 600 M€ sont budgétés sur quatre ans. L’association France Nature Environnement chiffrait à 200 M€/an le "montant pertinent" du plan biodiversité.

Traque du plastique

En vue du "zéro plastique dans les océans" en 2025, est prévue l’interdiction en 2020 des pailles et bâtonnets à usage unique– débattue dans le cadre du projet de loi "Egalim" -, qui allongeront la liste des produits bannis (sacs, cotons-tiges, microbilles dans les cosmétiques).

Est en outre annoncée la création d’une filière de collecte et de valorisation des filets usagés de pêche (activité à l’origine de 27 % des déchets échoués sur les plages d’Europe).

En Guyane, l’Agence française pour la biodiversité déploiera un service "valorisation économique de la biodiversité" d’ici fin 2018. C’est à cette période que le calendrier prévisionnel de la compagnie minière Montagne d’or prévoit de déposer les demandes d’autorisation de son projet de site d’exploitation aurifère.

INTERVENANTS

>Voir la fiche détaillée de l’opération Biocoop - fin bouteilles plastique
Société Cible BIOCOOP

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