Hélène Valade : "que nos membres puissent parler librement des dilemmes qui les traversent" (Orse)

Propos recueillis par Antonin Amado | 20 Juin 2019 | 677 mots

VALADE HELENE

L’assemblée générale de l’Observatoire de la RSE (Orse) s’est tenue le 18 juin à Paris. Hélène Valade, élue l'an dernier, a été confirmée à sa tête. L’occasion pour la présidente de l’ORSE de se féliciter de la bonne santé de cette organisation de place. Et de mettre en avant ses futurs projets, et en particulier la création d’un observatoire des dilemmes (en accès libre)

RSEDATANEWS : vous venez d’achever votre première année à la tête de l’Orse. Quel bilan en tirez-vous ?

Hélène Valade : une première année sous le signe du plaisir. Nous avons une équipe solide, impliquée, menée par une directrice générale (Géraldine Fort, NDLR) très investie. Nous disposons à l’Orse d’un bureau d’expertes compétentes et qui ne ménagent pas leurs efforts. Il faut aussi relever le foisonnement d’idées, de bonnes pratiques qui résultent des interactions entre les membres de l’Observatoire de la RSE. Cela permet de faire progresser les comportements vertueux mais aussi d’imaginer la RSE de demain, qui sera à la fois une RSE de conquête et de transformation.

RSEDN : il faut dire que l’actualité des 12 derniers mois vous a bien servi…

H. V : c’est une certitude. Si on additionne le rapport Notat-Sénard et la loi Pacte qui en a découlé, le mouvement des gilets jaunes, le résultat des élections européennes et la poussée de l’écologie, le mouvement des jeunes en faveur du climat, on ne peut que constater que nous sommes face à un changement d’échelle. Les citoyens consommateurs sont en pleine prise de conscience, ils bougent et obligent par leurs exigences les entreprises et l’État à accélérer.

RSEDN : le nombre de vos membres est relativement stable…

H. V : Oui. Nous avions 83 membres l’an dernier, nous en comptons 84 aujourd’hui. En 2019, Hermès, Louis Vuitton, Veolia, l’Observatoire de l’immatériel et la Fédération des entreprises d’insertion nous ont rejoint. En 2018, nous avaient aussi rejoint La Croix Rouge Française et la Fédération des Scop du BTP. Je suis très satisfaite de la diversité de nos membres, qui permet de mettre du liant entre les plus petites entreprises et de grands groupes. Concernant notre fonctionnement interne, nous accueillons de nouveaux administrateurs : la SNCF, La Poste, Décathlon et Hermès. Cela permettra à différents points de vue d’être entendus au sein de notre conseil d’administration.

Solidité financière

RSEDN : il y a un an, vous affichiez votre préoccupation quant aux finances de l’ORSE. Ces inquiétudes sont-elles levées ?

H. V : complètement. Cette fragilité datait d’il y a 3 ans. Notre directrice générale et notre trésorière ont fait en sorte que nous dégagions un excédent cette année.

RSEDN : début 2019, vous aviez évoqué l’idée de lancer un observatoire des dilemmes. Allez-vous la concrétiser ?

H. V : nous avons pris un peu de retard sur cet observatoire. Mais nous avons tenu notre première séance de travail il y a une dizaine de jours. Elle a réuni un groupe d’entreprises, nous fonctionnerons à huis clos dans un premier temps. Le but c’est que nos membres puissent parler librement des dilemmes qui les traversent. La palette de sujets est assez large. Il s’agira ensuite d’organiser des discussions avec des parties prenantes pour éclairer ces dilemmes et imaginer des solutions. Il s’agira in fine de produire un vade-mecum recensant, par secteur, des solutions pour se sortir de ce type de situation. Nos membres sont particulièrement demandeurs.

RSEDN : Quels seront les thèmes principaux sur lesquels vous vous positionnerez au cours des 12 prochains mois ?

H. V : la finance inclusive avec la poursuite de nos travaux sur les crédits à impact (ou crédits responsables), les social bonds et la transition juste, et ceux sur la raison d’être des entreprises que nous menons de concert avec le C3D (Collège des Directeurs de Développement Durable, NDLR). Nous nous pencherons aussi sur les conséquences de la publication des premières déclarations de performances extra-financières (DPEF). Nous produirons une synthèse sur la mise en place des plans de vigilance. Nous mettrons en fin à jour notre guide sur l’égalité professionnelle, que nous sortirons au mois de novembre.

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