Fella Imalhayene : "les patron(ne)s d'entreprises veulent apporter leur pierre à l'édifice" (Global Compact)

Propos recueillis par Antonin Amado | 25 Juin 2019 | 592 mots

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Avec ses 1 317 membres, le Global Compact France est à ce jour la plus grande coalition française d'entreprises et d'organisations dédiée au développement durable. Lors de son assemblée générale, qui s'est tenue mardi 25 juin à Paris, le départ de Jean-Pascal Tricoire (Schneider Electric) de la présidence a été acté. Il occupait le poste depuis 2014. Il sera remplacé par André Renaudin (AG2R La Mondiale). Il laisse derrière lui une association prospère, en croissance et qui se concentrera sur l'adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD) par le secteur privé au cours des 12 prochains mois comme le détaille Fella Imalhayene, sa directrice générale (en accès libre)

RSEDATANEWS : le Global Compact ne vit-il pas une espèce de paradoxe ? Plus les urgences sociales et environnementales s'accentuent, plus le nombre de vos membres augmente...

Fella Imalhayene : je pense que c'est au contraire lié à une véritable prise de conscience des entreprises. Entre les injonctions des citoyens et des pouvoirs publics, elles sont prises à partie sur plusieurs fronts. J'ai aussi le sentiment que les dirigeant(e)s veulent apporter leur pierre à l'édifice. Ils cherchent pour cela un cadre qui leur correspond. C'est particulièrement vrai pour les TPE et les PME. Et puis nous avons aussi ceux qui s'intéressent particulièrement aux objectifs de développement durable (ODD) portés par les Nations Unies, en général de grands groupes qui sont particulièrement intéressés par les ateliers que nous proposons sur le sujet. C'est la raison pour laquelle nous avons de plus en plus de membres.

RSEDN : à l'instar de l'Observatoire de la RSE, du Comité 21 ou du Collège des directeurs du développement durable, avez-vous ressenti une accélération autour des sujets qui animent la responsabilité sociale des entreprises depuis 12 mois ? 

F. I :  oui. C'est ce qu'on vit. Cela se ressent dans l'augmentation du nombre de nos membres. Nos ateliers et nos manifestations attirent aussi de plus en plus de monde. On constate aussi que certains de nos membres tentent de devenir des fers de lance de la RSE au sein de leur territoire.

RSEDN : vous comptiez un peu plus de 600 membres en 2017 contre plus de 1300 aujourd'hui. Comment expliquez-vous cette forte hausse ? 

F. I : elle est à mettre sur le compte d'un changement de stratégie de notre part. Il ne reflète pas à mes yeux le degré d'ampleur de l'accélération de la RSE. Jusqu'en 2017, une entreprise pouvait être membre du Global Compact sans avoir à adhérer à l'association Française. Il y avait près de 600 membres qui faisaient partie de notre initiative mais sans contribuer financièrement. L'adhésion à un réseau local est donc obligatoire depuis l'an dernier. Cela a fait mécaniquement augmenter le nombre de nos membres même s'il faut aussi souligner que notre positionnement sur l'agenda 2030 de l'ONU (ODD) semble attractif. Mais cette bonne santé est contextuelle. Nous ne savions pas comment notre réseau allait réagir face à cette contrainte. Nous avions été prudents et nous étions fixés comme objectif d'atteindre 700 membres l'an dernier. 

"Nous allons recruter" 

RSEDN : la conséquence de ces adhésions en masse, c'est que votre association va extrêmement bien d'un point de vue financier. Vous dégagez un excédent très fort. Que faites-vous de cet argent ? 

F. I : il va surtout nous servir à agrandir l'équipe. Nous allons recruter. Passer d'un réseau de 500 membres à plus de 1000, cela change beaucoup de choses. Les demandes de nos adhérents sont plus nombreuses.

RSEDN : quelles sont les priorités du global compact dans les 12 prochains mois ? 

F. I : l'agenda 2030 et la feuille de route nationale des ODD. Nous allons construire des outils pour aider des dirigeants d'entreprises à se saisir de ces objectifs de développement durable. Nous allons aussi travailler à rendre plus transparent l'impact négatif des entreprises sur la mise en œuvre de ces ODD.

RSEDN : Jean-Pascal Tricoire passe aussi la main alors qu'il présidait le Global Compact France depuis 2014...

F. I : la nomination d'André Renaudin, le PDG d'AG2R La Mondiale, marque notre volonté d'intégrer des entreprises ancrées dans le territoire national plus que des multinationales. C'était une volonté du conseil d'administration.

 

 

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