Fabrice Bonnifet : "face à une accélération de l’histoire" (C3D)

Propos recueillis par Antonin Amado | 23 Juin 2019 | 481 mots

BONNIFET FABRICE

L’assemblée générale du Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) a eu lieu le 19 juin. L’occasion pour les membres de constater qu’ils sont chaque année plus nombreux. Et que la lutte contre le réchauffement climatique reste leur absolue priorité comme l’affirme Fabrice Bonnifet, le président du C3D.

RSEDATANEWS : Les 12 derniers mois ont-ils été marqués à vos yeux par une meilleure prise en compte des sujets portés par les directeurs du développement durable ?

Fabrice Bonnifet : il est certain qu’on nous écoute plus. Les entreprises commencent aussi à prendre conscience que faire mieux que ce qu’elles faisaient avant ne suffirait pas. Elles se sentent désormais obligées de travailler sur des sujets plus structurants, en particulier celui de leur modèle économique. Les investisseurs se montrent aussi de plus en plus incisifs sur les questions de responsabilité, que ce soit sur les engagements ou sur les objectifs, en particulier sur le carbone. Nous sommes face à une accélération de l’histoire. 2019 aura été l’année où la RSE est passée du premier des sujets secondaires à quelque chose de central pour les entreprises. Cela faisait longtemps que l’on attendait ça. C’est en train d’arriver.

RSEDN : percevez-vous un signe tangible de cette prise en compte ?

F. B : oui. Car ces sujets, qui n’ont longtemps intéressés personne, sont désormais suivis par les directions générales. Cela signifie qu’on n’est plus dans le "pourquoi" mais désormais dans le "comment". Et puis le nombre de nos adhérents a fortement augmenté en 1 an. 42 entreprises nous ont rejoint. Le C3D compte désormais 156 membres. C’est bien la preuve que ces entreprises veulent s’informer.

"Pas de paix sociale, pas de progrès envisageable sur une planète invivable"

RSEDN : quel est le programme du C3D pour les 12 prochains mois ?

F. B : nous allons garder le cap, à savoir répondre à cette question : comment transformer globalement son modèle économique pour aller vers des entreprises contributives ou à mission, en tout cas conscientes des enjeux de long terme? Cela passera préalablement par leur reconfiguration de leur raison d’être, dans le droit fil de la loi Pacte (voir nos articles ci-dessous). Les entreprises ne peuvent plus se permettre de créer de la valeur d’un côté et de détruire des écosystèmes de l’autre. Mais notre priorité restera centrée sur le climat. Tant que l’on n’a pas résolu ce problème, traiter les autres enjeux de RSE n’a pas de sens. Il n’y aura pas de paix sociale, pas de progrès envisageable sur une planète invivable.

RSEDN : le C3D est-il en bonne santé financière ?

F. B : oui. Pour une raison simple. Contrairement à d’autres associations de places comme l’Orse (Observatoire de la RSE) ou EpE (Entreprises pour l’Environnement), nous n’avons pas de coûts fixes car nous n’avons pas de permanents. Nous n’avons ni grosses dépenses ni risques financiers particuliers. Nous n’utilisons l’argent de nos membres que pour financer nos publications et nos événements.

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