L'ESSEC incube les jeunes pousses à impact social avec Antropia

ANTROPIA ESSEC

Camille Auchet, directrice du premier incubateur social lancé par une école de commerce en France, répond à nos questions sur Antropia (en accès libre)

Antropia, lancé en mars 2008 par l’ESSEC, est le premier incubateur social créé par une école de commerce en France. Depuis 10 ans, l’incubateur a accompagné plus de 145 projets à fort impact social ou environnemental comme Simplon.co, Phenix, ou plus récemment La Recyclerie. Camille Auchet, directrice d’Antropia, répond à nos questions sur le développement et le fonctionnement de l’incubateur.

Une chaire d'entrepreneuriat social

Dès 2002, l’ESSEC a choisi de former les futurs cadres aux enjeux de l’économie sociale et solidaire (ESS) avec la création de la première Chaire sur l’entrepreneuriat social en France. En 2005, la Chaire Entrepreneuriat Social a choisi d’aller plus loin en développant l’incubateur social Antropia, premier incubateur social lancé par une école de commerce en France. Antropia a pour objectif de professionnaliser les entrepreneurs sociaux, ces entrepreneurs qui tentent de répondre aux besoins sociétaux que ni les services publics ni la logique de marché ne peuvent satisfaire. L’incubateur les accompagne dans la création et le développement d’entreprises utiles socialement et pérennes économiquement. Officiellement lancé en 2008 par l’ESSEC en partenariat avec la Caisse d’Epargne Ile de France Nord, Antropia a aujourd’hui accompagné plus de 145 projets avec un taux de pérennité à 3 ans supérieur à 80%. Certains projets incubés sont de belles réussites, comme Simplon.co (lire notre article), présent en France et dans 4 pays à l’international, et qui vient de lever 4,75 m € pour ses “fabriques sociales de codeurs”.

Des financeurs de l'ESS

Antropia s’est développé grâce à divers partenaires financiers : environ ⅔ du financement de l’incubateur est réalisé grâce à du sponsoring avec notamment les Fondations Edmond de Rothschild, la Fondation du Groupe Optic 2000 ou encore BNP Paribas. Ces partenaires financiers apportent aussi leur expertise opérationnelle pour accompagner les startups. Enfin, Antropia travaille avec des partenaires comme le MOUVES, la Ruche, France Active ou encore Make Sense. Pour développer ses programmes d’accompagnement, Antropia s’appuie sur ses partenaires mais aussi sur l’ensemble du réseau Essec : si les entrepreneurs incubés, les “Antropiens”, bénéficient des recherches et des actions de la Chaire Entrepreneuriat Social, ils sont aussi formés par des professeurs de départements variés et aidés à la fois par des alumni pour développer leur stratégie, et par des étudiants pour leurs enjeux opérationnels.

Du prototype au changement d’échelle

Antropia propose 3 programmes d’accompagnement principaux : Shake Up, Start Up et Scale Up, qui aident les entrepreneurs à prototyper leur projet, le faire décoller ou changer d’échelle. Incubateur généraliste, Antropia propose aussi des “tracks sectoriels” pour les différents programmes d’accompagnement grâce à des partenariats. Par exemple, Antropia s’est allié au groupe Humanis pour co-construire le track “Silver Economy” (programme Scale Up) ou encore à la Fondation Optic 2000 pour un track spécialisé sur le handicap visuel et auditif (programme Start Up). En dehors des 3 programmes principaux, Antropia accompagne des porteurs de projets dans le cadre de la Global Social Venture Competition (compétition mondiale de business plans sociaux créée par Berkeley). Enfin, en 2017, l’incubateur a lancé un nouveau programme, ReadinESS, en partenariat avec France Active et le Mouves, pour accompagner les entrepreneurs sociaux plus particulièrement dans leurs problématiques d’investissement.

Mesure d'impact social

Les critères de sélection des futurs Antropiens sont en partie similaires à ceux d’un incubateur classique : leur projet doit être innovant et viable économiquement; l’équipe doit être ambitieuse et posséder des compétences entrepreneuriales. Mais d’autres critères spécifiques à l’entrepreneuriat social sont déterminants dans la sélection : la pertinence de l’innovation sociétale proposée par la startup et son potentiel d’impact. Ces critères spécifiques guident le développement des startups, qui établissent un vrai business plan social et cherchent en priorité à maximiser leur impact sociétal plutôt que la rentabilité économique de leur projet. L’Institut de l’Innovation et de l’Entrepreneuriat Social (IIES) de l’ESSEC propose d’ailleurs des outils d’évaluation de l’impact social en libre téléchargement (voir lien ci-dessous) en partenariat avec l'AVISE et le MOUVES.

La mesure d’impact est essentielle pour les Antropiens mais aussi pour Antropia, qui cherche de plus en plus à quantifier son impact social et environnemental indirect (c’est à dire de toutes les startups incubées). Antropia réfléchit actuellement à une méthode lui permettant d’agréger l’impact de startups très différentes pour en retirer 4 ou 5 indicateurs sociétaux communs et ainsi mesurer la contribution sociétale de l'incubateur.

LIENS DE L’ARTICLE

site web: L'incubateur Antropia - ESSEC: http://antropia.essec.fr

site web: ESSEC - Chaire Entreprepreneuriat social - IIES: http://entrepreneuriat-social.essec.edu

site web: Antropia - ESSEC : Outils sur l’évaluation de l’impact social: http://antropia.essec.fr/boite-a-outils/outils-sur-levaluation-de-limpact-social/

POUR APPROFONDIR LE SUJET

CONTINUER LA LECTURE