Classement Forbes des 100 entreprises les plus performantes en développement durable (en accès libre)

Global100

Siemens, Storebrand et Cisco dans un top 3 composite, et douze entreprises françaises classées. Décryptage des résultats et de la méthodologie du Forbes 2017 CSR Global 100.

Forbes a publié l’Edition 2017 du classement des entreprises les plus performantes en développement durable en matière de RSE (ou CSR pour Corporate Social Responsability). Dans le top 3, des secteurs variés : Siemens, Storebrand et Cisco Systems Inc. Douze entreprises françaises se placent parmi les 100 entreprises classées.

Le classement a été opéré par le cabinet canadien de conseil et de recherche Corporate Knights, qui publie également un magazine spécialisé dans le business responsable. Les résultats du classement "2017 Global 100" ont été révélés lors du 47ème Forum économique mondial de Davos (Suisse), en janvier 2017. Chaque année, Corporate Knights analyse les données publiques de 4000 grandes entreprises cotées en bourse avec un chiffre d’affaire supérieur à 2 milliards de dollars américains.

Résultats du classement 2017 Global 100

Le top 3 des entreprises les plus performantes en développement durable regroupe des secteurs variés. Le groupe industriel allemand Siemens prend la première place, sortant du lot grâce à ses pratiques environnementales. L’entreprise a une efficacité énergétique relativement élevée et une empreinte carbone faible. De plus, ses employés semblent vouloir rester dans l’entreprise (turnover faible). Forbes souligne aussi la nouvelle orientation stratégique de l’entreprise, qui se tourne de plus en plus vers les technologies éco-compatibles (production de systèmes de chauffage et de climatisation moins consommateurs en énergie). En deuxième place, la compagnie d’assurance norvégienne Storebrand a une politique salariale moins disproportionnée que les autres entreprises de son secteur : elle rémunère son PDG « seulement » 12 fois plus que son employé moyen. Enfin, la troisième place est occupée par l’entreprise américaine d’informatique et de technologies Cisco, qui a une parité beaucoup plus développée que les autres multinationales : 38% de ses cadres supérieurs sont des femmes. Les entreprises françaises sont assez bien représentées dans ce classement, avec 12 entreprises françaises sélectionnées. La première à y apparaître est Dassault Systèmes (11ème), suivie du Crédit Agricole SA (17ème), ainsi que Schneider Electric SE (27ème), Vivendi SA (28ème), TF1 (29ème) et Total SA (31ème). Toutes les entreprises sélectionnées dans le Global 100 ont des indicateurs de développement durable plus positifs que la moyenne des entreprises cotées en bourse. Mais ce qui frappe dans ce classement, c’est la variété des secteurs d’activité et la diversité des critères de sélections mis en avant pour le top 3. Quels sont donc les indicateurs utilisés ?

Méthodologie

En plus de la cotation en bourse (avec plus de 2 milliards de chiffre d’affaire), quatre critères sont pris en compte pour pouvoir entrer dans le classement 2017 Global 100 :

  1. la publication de données développement durable : au moins 75% des indicateurs clés de performance doivent être divulgués ;
  2. la santé financière de l’entreprise : le F-score doit être supérieur à 5 ;
  3. les sanctions financières : les entreprise qui ont été condamnées à des sanctions financières trop élevées sont éliminées (en cas de non respect des droits de l’Homme, du travail, de l’environnement, de la concurrence, des communautés etc.) ;
  4. Critère d'exclusion : l’entreprise ne doit pas produire de tabac ni d’armements.

Les entreprises sont ensuite classées suivant le calcul de divers indicateurs clés de performance, plus ou moins prioritaires selon leur secteur d’activité. Ces indicateurs mesurent :

De nombreux indicateurs « développement durable » sont utilisés. Cela permet une comparaison complète mais peut masquer les mauvais scores d’une entreprise pour un ou plusieurs indicateurs. D’autres classements ont fait le choix de se concentrer sur un domaine d’action, comme Vigeo Eiris qui s’est penché sur le respect des droits de l’Homme (voir notre article sur l'étude Responsabilité des entreprises et droits de l’homme). Aucune des entreprises du top 3 « développement durable » de Corporate Knights n’apparaît parmi les trente premières entreprises du classement « droits de l’Homme » de Vigeo Eiris.

Par ailleurs, Corporate Knights a fait le choix de n’étudier que les données publiées par les entreprises, ce qui élimine d’office les entreprises qui ne publient pas les données compatibles avec les indicateurs de l'étude.

Enfin, le magazine a fait un choix intéressant, celui de strictement lier développement durable et santé financière de l’entreprise. En plus de l’inclure dans les critères de présélection, les indicateurs environnementaux sont tous liés au chiffre d’affaire. Par exemple l’indicateur « intensité énergétique » calculé comme le ratio chiffre d’affaire en dollars américains / (énergie totale consommée – les énergies renouvelables). Forbes peut ainsi conclure : « Vous pourriez penser que les entreprises qui investissent lourdement dans la durabilité risquent de devenir moins rentables. Mais les rendements des actions des entreprises figurant au Global 100 indiquent le contraire ». Une bonne façon de sortir de l'amalgame entre performance financière et RSE.

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