Finance verte : les tendances qui ont marqué 2017

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Venture et mobilité, fonds multi-corporate, green-bonds, reporting, TCFD, devoir fiduciaire : les grandes évolutions 2017 dans la finance verte ... à suivre en 2018. Revue de détail (en accès libre).

Levés de fonds : la mobilité mobilise les investisseurs. 

16 levées de fonds ont eu lieu cette année dans les services de mobilité partagée et les technologies de véhicules électriques et/ou autonomes, pour un montant cumulé de 156 M€. Mis à part le financement de 55 M€ récolté par Forsee Power auprès d'Idinvest avec le soutien de la BEI - les levées de Vulog, Less et Citizen Mobility tiennent le haut du pavé avec des augmentations de capital supérieures à 10 M€, souscrites par la Caisse des Dépôts ou RATP Capital Innovation, des industriels comme Renault Mobiliz Invest, Keolis ou Mobivia, et des investisseurs en private equity comme Daphni, Index Ventures, Elaia Partners, Idinvest mais aussi la MAIF. Au total, la mobilité représente 15% des 1418 M€ levés en 79 tours cette année par les jeunes pousses des EnR, smart-grids, food et agri-techs, télécom, distribution bio ou de proximité. 
La consolidation du secteur est aussi en cours avec 7 fusions-acquisitions (M&A), par des industriels acquéreurs comme Vinci Energies, Engie, Alstom, Continental, Renault, Daimler (qui valorise Chauffeur Privé près de 200 M€), et Travelcar. 

Green-bonds : une année record, mais des règles à adopter

Les obligations vertes sont en plein essor. Si l'émission souveraine de la France a marqué l'année du haut de ses 7 Md€, les émissions corporate de green-bonds totalisent 4,2 Md€, avec notamment 2 émissions de SNCF Réseau - par ailleurs remarquée pour la transparence de son reporting -, Icade, RATP, et les énergéticiens : Quadran (sous forme d'un euro-PP), Akuo Energy, et Neoen. A noter : l'AFD, qui programme désormais le refinancement de ses projets par obligations vertes, et la ville de Paris, qui émet un "municipal bond" vert de 320 M€.
Mais le marché ne sera véritablement durable qu'avec l'adoption de règles communes de labellisation, maintenant nécessaires à la progression d’un marché mature.

Véhicules d'investissement : multi-corporates et cap sur l'international

Ce sont près de 4 Md€ qui ont été levés cet année par les investisseurs français auprès de leurs LPs. En infrastructure, Swiss Life AM Global Infrastructure, Eiffel Energy Transition, Capenergie III, InfraGreen III, 3i European Projects, Marguerite II de la BEI ou ACIF Infra ont tous réalisé un closing cette année et levé près de 2 Md€ (cumulés depuis l'origine). L'innovation n'est pas en reste mais se spécialise par secteur ou par géographie : RATP Capital Innovation, Susi Storage Fund, Demeter Smart City-Smart Energy, ou Frenchfood dans les activités éponymes, ou encore Educapital, Capagro. Avec parfois une recherche d'impact affichée : Land Degradation Neutrality Fund (LDN) de Mirova, Innov&Thic, BPCE Impact Local, voire Hémisphères du groupe SNI qui s'appuie sur des social impact bonds. Enfin, les industriels continuent à se regrouper : Cathay Cartech, investi en remnimbis, vise la Chine avec (pour commencer) Valeo également présent dans Cathay Innovation avec ADP, Michelin et Total, Aster II regroupe maintenant quatre industriels, NeOT se lance avec EDF.

ISR : vers une évolution du devoir fiduciaire

Très présent dans la culture et le droit anglo-saxon, le devoir fiduciaire à l'européenne est aujourd'hui éclaté entre les directives des régulateurs, les asset owners, asset managers et leurs mandats, le reporting et la gouvernance des entreprises, et enfin les droits des actionnaires. Le High Level Expert Group veut y incorporer les critères ESG à tous les étages, tout en informant les conseils d'administration et en protégeant les directions générales dans l'exercice de leurs missions. Une évolution lourde de conséquence à terme pour l'ISR, qui pourrait changer ses approches historiques de thématiques ou d'exclusions vers des investissements plus éclairés et plus engagés vis à vis des entreprises. 

Reporting : risque climat et cash-flows

Autre changement de culture : les recommandations de la Task Force for Financial Disclosure (TCFD). Trop souvent considéré comme une externalité par les marchés financiers, l'appropriation du risque climat est pourtant un levier clé du fléchage de la finance vers les projets "verts", qui passe par la capacité des entreprises à intégrer elles-mêmes ces risques en les cartographiant et en les analysant, à élaborer des stratégies business résilientes, à les traduire en cash-flow prévisionnels, et enfin à suivre leur progression vers ces objectifs et à les communiquer de manière quantifiée aux investisseurs et analystes. La task-force insiste sur le fait que "le risque climat n'étant pas diversifiable, (...) la gouvernance et le risk-management doivent être intégrées aux rapports financiers" et que "les rapports financiers doivent contenir les éléments de stratégie et de reporting chaque fois qu'ils sont matériellement pertinents". Un nécessaire challenge à relever. 

INTERVENANTS

>Voir la fiche détaillée de l’opération Levée - CATHAY CARTECH
Investisseur du fonds VALEO
Société de Gestion CATHAY CAPITAL PRIVATE EQUITY

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