"Nous renforçons nos positions dans le capital-risque solidaire" (MAIF Investissement Social et Solidaire)

Aurélie Verronneau | 30 Juin 2020 | 498 mots | 2 Intervenants

MAIF FONDS MISS

Judith-Laure Mamou-Mani a récemment pris la tête du fonds MAIF Investissement Social et Solidaire. Le véhicule, aujourd'hui doté de 24 M€, se dirige vers de plus gros tickets d'investissement à impact en capital ou en dette, et veut renforcer sa mesure d'impact. Entretien (en accès libre).

Où en est aujourd’hui le fonds Maif Investissement Social et Solidaire et quels sont les objectifs qui vous sont fixés ?

Créé en 2013, le fonds MAIF Investissement Social et Solidaire a vocation à accompagner des projets à impact portés par des entreprises qui ont été créées dans ce but. Unique investisseur du fonds, la MAIF y a injecté 24 M€ depuis sa création, et soutient aujourd'hui 30 projets. Nous allons bientôt franchir une nouvelle étape, avec une augmentation de capital et de nouvelles ambitions qui se dessinent, en particulier sur les montants investis par projet. Jusqu’à maintenant, nous mettions des tickets importants mais aussi de petits tickets dans les participations, et investissions dans des fonds de fonds solidaires. Depuis quelques mois, nous renforçons nos positions dans le capital-risque solidaire, avec plus de participations directes et de plus gros tickets. L’objectif est d’avoir des investissements de 300 à 500 000 euros, avec la possibilité d’aller jusqu’à 1 M€, voire 1,5 M€, toujours en co-investissement pour partager le risque. Bien entendu, nous nous laissons la possibilité d’intervenir en prêt quand la structure capitalistique ne se prête pas à l’investissement en capital, par exemple dans les associations. Nos deux prochains investissements, qui seront bientôt annoncés, iront dans le sens de cette évolution.

Quels sont vos critères d’investissement, en particulier extra-financiers ? 

Nous allons uniquement vers des projets présentant un impact social, sociétal ou environnemental. Mais au-delà du projet, sur les pratiques ESG de la structure, nous procédons à des investigations en parallèle à l'analyse économique. Nous n’avons pas de grille d'évaluation avec des questions toutes faites, mais ces sujets sont largement abordés avec les dirigeants. Si les enjeux ESG ne les intéressent pas, c'est clairement un signal faible. En plus des entretiens avec les dirigeants, nous faisons en sorte de parler aux équipes, qui pourront donner un éclairage sur les pratiques RH. La gouvernance est également un enjeu clé, en particulier la capacité du dirigeant à s’entourer. L’agrément ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale) n’est pas une condition sine qua non de notre soutien, mais nous mettons en avant ses recommandations en matière de gouvernance. Une fois l’investissement fait, nous demandons des reporting extra-financiers, mais surtout nous accompagnons les porteurs de projets dans le renforcement de leurs pratiques.

Avez-vous mis en place des indicateurs d’impact ? 

La mesure d’impact se faisait jusqu’à récemment à l’échelle de chaque projet, mais nous n’avions pas de mesure d’impact globale du fonds. Nous allons y travailler au cours des mois à venir, dans une approche globale au niveau de la MAIF. L’assureur a en effet décidé, dans le cadre proposé par la loi Pacte, de devenir une entreprise à mission. Notre "chief mission officer" travaille en ce moment sur des indicateurs d’impact, dans lequel devra s'inscrire la mesure d'impact du fonds. Dans quelques mois, nous serons prêts à en dire plus.

(Illustration : Maif ISS, DR)

INTERVENANTS

>Voir la fiche détaillée de l’opération Fonds MAIF INVESTISSEMENT SOCIAL ET SOLIDAIRE
Investisseur du fonds MAIF
Société de Gestion MAIF
Société de Gestion - Gestionnaire MAIF - Judith-Laure Mamou-Mani

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